Manège militaire Voltigeurs de Québec
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Contextes historique et géographique

La construction des manèges à travers le Canada origine de la passation de la première loi sur la milice en 1846, puis celle de 1855, qui entraîne la création de la milice active autonome. Est formé en 1862, le 9e Bataillon de miliciens volontaires qui deviendra le régiment Les Voltigeurs de Québec. L’acte de la milice, publié en 1869 divise le pays en neuf districts militaires selon les unités provinciales existantes. C’est vers 1883 que l’on procède, dans différentes villes du Canada, à la construction de manèges militaires qui sont de grands espaces couverts pour les exercices, entourés de magasins d’armes, de selleries, d’entrepôts et de bureaux et au-devant desquels loge un champ de parade. Le manège de Québec est construit de 1884 à 1887 et il abrite alors deux unités de milice soit Les Voltigeurs, la plus ancienne unité canadienne-française au Canada, et le Royal Rifles qui sera amalgamé par la suite aux Voltigeurs de Québec.

La confection des plans est confiée à Eugène-Etienne Taché. Taché a déjà à son actif la construction du parlement de Québec et il entreprend à cette même époque la construction du Palais de justice de Québec. L’architecture du nouveau manège doit témoigner de l’image distincte de Québec comme centre de la culture française en Amérique du Nord. En outre, la conception originale prévoit une utilisation publique des lieux pour fin d’expositions provinciales et autres.

Les plans du Manège débutent donc en 1884 et ils empruntent certains éléments architecturaux des châteaux français de la fin du XIV à la fin du XVI siècle, notamment celui de Chaumont-sur-Loire. Ainsi sont intégrés à l’édifice les tourelles à toiture conique, les fausses meurtrières, les fenêtres à frontons richement décorés coupant la ligne de toit, les contreforts, les tours carrés aux extrémités et le toit en pente abrupte avec arête en métal. Ce style château, déjà présent sur la porte Kent (1878), gagne en popularité à Québec et au Canada et l’on voit s’ériger une série d’hôtels et de gares à travers le pays. Le Château Frontenac, la gare Viger à Montréal, le Château Laurier à Ottawa, l’Hôtel Banff Springs en Alberta, l’Hôtel Empress à Victoria, l’hôtel Fort Garry à Winnipeg, pour en nommer que quelques-uns, sont des exemples élogieux de ce type d’architecture faisant de nos jours partie du réseau des lieux historiques du Canada. D’autres exemples à Québec sont la Gare du Palais et le Bureau de poste de Québec par Marcel Chenevert, dernier édifice de style château à être construit au Canada.

En même temps que la construction du Manège, on aménage devant l’édifice un champ de parade, espace ouvert et gazonné, servant aux exercices et aux défilés militaires tout en remplissant le rôle de parc public à l’usage des citadins. La construction du manège se termine en 1887. C’est en 1913 que l’on procède à son agrandissement du côté est et à l’arrière. L’architecture avec sa toiture en cuivre, ses tours coniques et ses lucarnes à frontons s’agence avec l’édifice principal tandis que l’arrière qui sert d’écuries est en brique et constitue un ajout plus modeste.

Ces installations ont été endommagées par un incendie en avril 2008 et le gouvernement canadien souhaite aujourd’hui pouvoir statuer sur l’avenir du Manège militaire Les Voltigeurs de Québec en s’inspirant de consultations publiques auprès des citoyens de Québec.

Cet ensemble sis au 805 avenue Wilfrid-Laurier à Québec, ville du patrimoine mondial, qui comprend le Manège militaire Les Voltigeurs de Québec et son champ de parade, la Place George V, et constitue depuis 1986 un lieu historique national canadien et le demeurera tant que la commission des lieux et monuments historiques du Canada le recommandera. C’est principalement parce que Québec est la seule ville fortifiée en Amérique du Nord que l’UNESCO a inscrit le Vieux-Québec au patrimoine mondial.